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© 2026 Bernard Gnazou

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Spatial africain

ASPEX 2026 : Abidjan se positionne comme hub spatial africain

L'Africa Space Expo 2026 se tiendra à Abidjan en septembre. La Côte d'Ivoire accélère sa stratégie spatiale avec un premier satellite, des partenariats internationaux et l'ambition de fédérer l'écosystème continental.

2026-07-046 minSpatial africain

Sommaire

Un satellite ivoirien orbite au-dessus de nos têtesSeptembre 2026 : Abidjan accueille le spatial africainPourquoi c'est le bon pariLa carte formationEt nous, les développeurs ?

Un satellite ivoirien orbite au-dessus de nos têtes

Prenons une seconde pour digérer ça. Un nanosatellite conçu et construit en Côte d'Ivoire — pas assemblé, pas financé de l'extérieur, construit — tourne actuellement autour de la Terre. YAM-SAT-CI 01 photographie nos forêts, nos routes, nos côtes. Il y a cinq ans, la phrase aurait sonné comme de la science-fiction à Abidjan.

Et pourtant.

Satellite CubeSat en orbite au-dessus de l'Afrique
Satellite CubeSat en orbite au-dessus de l'Afrique

Septembre 2026 : Abidjan accueille le spatial africain

Du 24 au 26 septembre, le Parc des expositions d'Abidjan va accueillir l'ASPEX 2026 — l'Africa Space Expo. Décideurs, chercheurs, industriels, investisseurs. Le gratin du spatial continental dans une ville que personne n'associait au spatial il y a trois ans.

La question n'est plus "est-ce que la Côte d'Ivoire peut faire du spatial ?" mais "quel rôle veut-elle jouer ?" La réponse officielle : hub continental. Pas constructeur de fusées. Intégrateur de solutions. C'est un choix malin.

L'industrie spatiale africaine devrait atteindre 39,52 milliards USD d'ici 2030, avec un taux de croissance annuel de 7,97%. — Space in Africa

Pourquoi c'est le bon pari

Il y a une vérité que peu de gens dans le spatial africain osent dire clairement : on n'a pas besoin de construire des lanceurs pour être pertinent. Ce qui manque cruellement au continent, ce ne sont pas des satellites. Ce sont des gens capables de transformer les données satellites en quelque chose d'utile.

Un satellite qui photographie la déforestation, c'est bien. Un système qui envoie une alerte au préfet de Daloa quand 50 hectares disparaissent en une semaine — c'est mieux. C'est exactement sur cette chaîne de valeur descendante que la Côte d'Ivoire se positionne.

Vue orbitale de l'Afrique depuis l'espace
Vue orbitale de l'Afrique depuis l'espace

Les 4 priorités du satellite YAM-SAT-CI 01

| Domaine | Application | Impact attendu | |---|---|---| | 🌳 Déforestation | Suivi couverture forestière temps réel | Alertes précoces aux autorités | | 🌾 Agriculture | Imagerie multispectrale des cultures | Optimisation des rendements | | 🌊 Catastrophes | Détection inondations et feux | Réponse rapide aux crises | | 🛡️ Sécurité | Surveillance du territoire | Souveraineté nationale |

La carte formation

Montpellier. C'est le partenaire choisi pour former les premiers ingénieurs spatiaux ivoiriens. J'ai des sentiments partagés là-dessus. D'un côté, c'est pragmatique — Montpellier a l'expertise, les labos, l'historique. De l'autre, ça pose la question de la dépendance technique.

La vraie victoire sera le jour où l'UVCI ou l'INP-HB formeront leurs propres ingénieurs satellites, avec des cursus pensés pour le contexte africain. Pas une copie de curriculum européen, mais un programme qui intègre nos réalités :

  • Connectivité intermittente — pas de fibre optique partout
  • Alimentation solaire — instable par nature
  • Données terrain imparfaites — pas de ground truth standardisée

"Le métier d'avenir du spatial africain n'est pas celui de constructeur de satellites. C'est celui de bâtisseur de chaînes de valeur descendantes."

Et nous, les développeurs ?

Je vais être direct. Si tu es développeur en Côte d'Ivoire et que tu n'as pas encore regardé le géospatial, tu rates quelque chose. Le spatial africain de 2030 ne sera pas construit par des astronautes. Il sera construit par des gens qui savent :

  1. Manipuler des GeoTIFF et des images Sentinel-2
  2. Entraîner des modèles de classification sur des données locales
  3. Déployer des API de données satellite à grande échelle
  4. Construire des interfaces de décision pour des non-techniciens

L'ASPEX 2026 est une porte d'entrée. Pas pour aller écouter des keynotes. Pour aller poser des questions dérangeantes, montrer des prototypes, et se faire connaître des gens qui prennent les décisions.


Le satellite est là-haut. Le code, c'est nous qui l'écrivons en bas.

Lectures complémentaires :

  • AfSA — Agence Spatiale Africaine
  • Forbes Africa — Africa: The New Eldorado for Space Business
  • Côte d'Ivoire vise un rôle de hub spatial

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GeoAI Africa : quand l'IA rencontre le satellite sur le terrain