Logo ArtemixARTEMIX
  • À propos
  • Projets
  • Expertise
  • Publications
  • Ressources
  • Contact
  • EN
EN
Logo ArtemixARTEMIX

Le travail est sacré.

Navigation

  • À propos
  • Projets
  • Expertise
  • Publications
  • Ressources
  • Contact

Contact

  • [email protected]
  • LinkedIn
  • GitHub
  • YouTube

Newsletter

  • Médias & Presse
  • Mentions légales
  • Cocody, Abidjan

© 2026 Bernard Gnazou

bernardgnazou.com

À propos

Récit personnel

Parcours

La trajectoire d'un autodidacte ivoirien vers le spatial africain

02 avril 2026 · Adaptation web

Sommaire

0%
  • I.Le commencement
  • II.Le téléphone qui a tout changé
  • III.L'enfermement productif
  • IV.La sortie de la chambre
  • V.Abidjan, la digitalisation, le terrain
  • VI.L'année 2025
  • VII.Adinrin, le FabLab, l'Analyste-Concepteur
  • VIII.Le Caire
  • IX.Beihang et CubeSat
  • X.La Fondation, le SIADE, le Président
  • XI.Libreville
  • XII.Aujourd'hui
  • XIII.Ce qui reste à écrire

ILe commencement

Chaque histoire a un point de départ. Celle-ci ne commence ni dans un laboratoire, ni dans une grande école, ni même devant un ordinateur. Elle commence dans une chambre, dans une petite ville, avec un garçon que personne ne regardait venir.

Il y avait un jeune garçon qui vivait dans la ville de Divo. C'est le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, une ville moyenne entourée de plantations de cacao et de café, loin du tumulte d'Abidjan. Ce garçon, c'était moi. Réservé, je sortais peu, et quand je sortais, je sentais parfois le mépris des regards. Alors je rentrais et je préférais ma chambre. Au moins, elle ne me jugeait pas.

À l'état civil, je m'appelle Gnazou Goudi Bernard. Le nom Artemix vient de mon père, il me l'a donné comme on baptise un héros qu'on attend. Ce nom ne figure sur aucun papier, mais il m'a collé à la peau.

Je dessinais, je faisais des origamis, j'observais, je bricolais. À seize ans, j'ai trouvé dans une poubelle une voiture jouet télécommandée, abandonnée, partiellement calcinée, la coque éclatée. Mes amis ont ri quand ils m'ont vu la ramener chez moi, mais ils avaient tort. J'ai réparé cette voiture et j'ai fabriqué à la main, à partir de boîtes de conserve aplaties, une nouvelle carapace pour le jouet. La voiture a roulé à nouveau, probablement mieux que certaines voitures de Divo, d'ailleurs.

Personne ne s'y attendait, moi non plus peut-être, mais je l'ai fait. Cette voiture jouet contenait déjà, en germe, tout ce qui allait suivre : la conviction qu'on peut construire avec ce qu'on a, le refus de voir dans le rebut une fin, et une certaine solitude méthodique.

Silhouette géométrique d'une voiture jouet reconstruite

IILe téléphone qui a tout changé

En classe de seconde, j'ai reçu mon premier téléphone Android. Pour beaucoup d'adolescents, un Android était une fenêtre vers le divertissement, mais pour moi c'était une porte vers un monde. Mes camarades regardaient des vidéos de danse alors que moi, je regardais des vidéos de terminaux Linux. Chacun ses priorités.

J'ai découvert Termux, un émulateur de terminal Linux qui transformait un téléphone en poste de commande, et j'ai commencé à scruter YouTube. Tutoriels en cascade, vidéos en anglais que je déchiffrais péniblement. J'ai téléchargé des applications, exécuté des commandes et compris par essais et erreurs. Quand j'ai découvert GitHub, je tapais des commandes sans tout comprendre, c'est ce que les hackers appellent du script kiddie, et je l'assume aujourd'hui avec lucidité. Mais la curiosité m'a poussé plus loin : j'ai fait du hacking en classe de seconde et créé mes premiers virus en classe de première, des expériences, pas des armes. Je voulais comprendre comment ça fonctionnait, parce que comprendre était ma façon de respirer. Accessoirement, mon téléphone a crashé un nombre incalculable de fois, mais il a survécu. Moi aussi.

Puis il y a eu cet anime, Les Nouveaux Héros, l'histoire d'un adolescent surdoué et de son robot. Quelque chose s'est allumé : la robotique, l'électronique, les systèmes automatisés, l'IoT, la programmation système, tout cela est devenu soudain un horizon.

En 2021, j'ai découvert le développement web statique avec HTML et CSS, et j'ai construit mes premières pages. Puis j'ai croisé sur Facebook des mots que je ne comprenais pas : Python, PHP, C, C++, Java. Je me suis arrêté sur Python, j'ai cherché, téléchargé et commencé. Mes premiers programmes étaient basiques, parfois ridicules, parfois ils faisaient planter mon téléphone, mais j'ai continué. En 2022, l'intelligence artificielle est entrée dans mon champ de vision, j'avais alors dix-huit ans et l'impression d'avoir déjà vécu trois vies technologiques.

IIIL'enfermement productif

En juillet 2022, j'ai obtenu mon Baccalauréat C, mention passable. Ce n'était pas glorieux, mais c'était un ticket. Je visais haut et j'ai présenté le concours de l'INPHB, la grande école polytechnique d'Abidjan, mais j'ai été recalé au deuxième tour. J'ai voulu tenter celui de l'ESATIC, il me manquait un document, et la porte s'est fermée aussi. L'univers semblait tester ma patience, mais il a vite compris que je n'allais pas abandonner.

Pour beaucoup, c'était le moment où l'on commençait à réviser ses ambitions à la baisse. Pas moi. Je scrutais Facebook, comme toujours, et je tombais parfois sur les posts d'un homme que je ne connaissais pas, Frédéric Boisdron. Consultant en robotique et nouvelles technologies du futur, créateur et rédacteur en chef d'un magazine dédié à la robotique pendant 14 ans, ses publications parlaient de robotique, d'innovation, de tout ce qui m'animait en silence. Quelque chose m'a dit que cet homme pourrait m'aider. Le 31 août 2022, je lui ai écrit : « Bonjour monsieur, je suis un passionné de l'IA, et je viens d'avoir le bac C, j'aimerais un éclairage. » Sans recommandation, sans intermédiaire, sans rien que l'audace tranquille de celui qui n'a rien à perdre. Honnêtement, je n'y croyais pas trop : un consultant international, 14 ans de magazine, et moi, un bachelier de Divo. Les probabilités n'étaient pas de mon côté.

Frédéric Boisdron a répondu le lendemain : « Le plus simple est de commencer par une école d'informatique, puis se spécialiser lors du cursus universitaire. Sinon, tu peux commencer par te rendre dans ton fablab local. » Il m'a parlé d'Arduino, de Raspberry Pi, de robots à construire soi-même, et en quelques messages il m'avait donné une direction. Je me suis laissé guider et je me suis orienté en Licence de Réseaux et Sécurité Informatique à l'Université Virtuelle de Côte d'Ivoire. Pas l'INPHB, pas l'ESATIC, une université virtuelle, modèle nouveau, sans le prestige que ma génération vénérait encore.

Et c'est là qu'a commencé ce que j'appelle aujourd'hui mon enfermement productif. Trois ans, de la première à la troisième année de Licence, dans une discipline presque monacale : maison, cours en ligne, étude d'un côté, autodidacte de l'autre. L'université était virtuelle, alors le trajet le plus long de ma journée, c'était de mon lit à mon bureau. Le seul intermède hebdomadaire était l'église le dimanche, pas de fêtes, pas de sorties. Mes amis pensaient que j'avais disparu et, en un sens, c'était vrai : j'avais disparu dans le code.

Chaque matin, le même rituel : je scrutais les dernières mises à jour technologiques, je décortiquais les nouveaux langages, j'analysais les sorties récentes. Cet isolement n'était pas une prison, c'était une forge, et de cette forge sont sorties des compétences avancées en programmation qu'aucun programme universitaire ne m'avait enseignées.

Cet isolement n'était pas une prison. C'était une forge.

Forme abstraite d'une chambre avec un écran lumineux

IVLa sortie de la chambre

Au deuxième semestre de ma Licence 1, ma sœur a observé. Elle a vu que je restais trop enfermé, mais elle ne m'a pas forcé, elle a organisé. Elle s'est arrangée avec la directrice d'un collège pour que je devienne le répétiteur des enfants de cette dernière et m'a présenté l'offre. J'ai accepté. Ma sœur avait compris avant moi que même les forges ont besoin d'air.

Au début c'était inconfortable, deux des enfants étaient turbulents et pour la plupart des répétiteurs c'était l'échec annoncé. Mais pour moi, c'était une question pédagogique. J'ai compris que pour enseigner il fallait d'abord habiter le monde de l'autre, alors j'ai instauré un équilibre étrange et juste : on rigolait, on partageait des friandises, on parlait de tout, mais quand on ouvrait les cahiers le sérieux était absolu. La transition était si nette qu'on aurait cru que je changeais de personnalité.

Le travail est sacré. On peut travailler peu de temps, mais pendant ce temps, on donne tout.

Le miracle s'est produit : les enfants ont validé leur année et leur mère était étonnée. La réputation a circulé, une élève de seconde à Divo a même refusé tous les autres répétiteurs après moi. Je ne le savais pas encore, mais je venais de découvrir l'autre versant de ma vocation : non seulement bâtir, mais transmettre.

VAbidjan, la digitalisation, le terrain

Au deuxième semestre de Licence, un appel d'offres du laboratoire de l'université m'a amené à Abidjan pour un stage de trois mois renouvelable, et il a été renouvelé une fois. J'y ai plongé dans le dur : modélisation, bases de données, création de sites web. J'ai soumis un projet qui a été lauréat, Après cette première reconnaissance officielle, les portes de la Trésorerie Générale de Divo se sont ouvertes pour un stage en immersion.

J'ai découvert l'envers du décor administratif, des systèmes isolés et des processus qui demandaient à être unifiés. J'ai développé Trésor-Connect, une plateforme web sécurisée qui permettait aux fournisseurs de consulter en temps réel l'état de leurs mandats en ligne. Le stage était initialement de deux mois, puis ils m'ont prolongé d'un mois, puis encore d'un mois de plus. Apparemment, quand on résout des problèmes, les gens ne veulent plus vous laisser partir.

J'y ai aussi découvert quelque chose d'inattendu : la fraternité des fonctionnaires, cette solidarité où l'on soutenait le collègue en retard. J'en suis sorti avec une certitude : la modernisation du service public africain n'était pas une question d'outils, c'était une question d'humains qui acceptaient de travailler ensemble.

VIL'année 2025

Plusieurs projets en quelques mois et autant de tournants. Mon CV a commencé à ressembler à un journal de bord d'astronaute, sauf que je n'avais pas encore quitté le sol ivoirien.

Février-Mars 2025, InondAlert. Avec une équipe à l'ESATIC, j'ai participé à la conception d'un système bi-plateforme piloté par l'intelligence artificielle pour la prédiction des zones inondables. Pour la première fois, je ne codais plus pour apprendre, je codais pour résoudre un problème africain concret.

Avril-Mai 2025, GeoSmart Vision. En 2023, j'avais lancé une recherche personnelle baptisée TerraPulse Vision, née d'un accident de circulation que j'ai subi en 2020 à cause d'un nid-de-poule dissimulé sous la boue. L'idée : détecter automatiquement la dégradation routière à partir d'imagerie satellitaire et d'intelligence artificielle. Quand le MASS 2025 a été annoncé, j'ai proposé le projet et l'université l'a validé en le renommant GeoSmart Vision. J'en suis devenu le chef de projet et porteur, j'ai dirigé l'équipe, rédigé l'intégralité du document de spécifications techniques et développé un modèle de machine learning pour la détection automatique des nids-de-poule. Le projet a décroché le 2e Prix au Marché Africain des Solutions Spatiales pour la robustesse technique et l'innovation. Mai 2025, Technocracks. J'ai rejoint l'équipe d'un système intelligent de gestion des déchets intégrant géomatique, données géospatiales, capteurs IoT et codes QR. Le projet a décroché le 1er Prix National au GAIAthon 2025, reconnu comme la meilleure innovation technologique nationale. Oui, j'ai aidé à rendre les poubelles intelligentes, et elles ont gagné un prix national. La vie réserve de ces surprises.

En quelques mois, j'étais passé d'étudiant à jeune innovateur primé deux fois, et je n'avais pas encore vingt-deux ans.

VIIAdinrin, le FabLab, l'Analyste-Concepteur

En septembre 2025, sollicité par un ami, j'ai intégré Adinrin Intelligence Systems comme Analyste-Concepteur et Développeur de Systèmes d'Information, devenant responsable technique de la conception des projets et de la rédaction des spécifications.

C'est là que j'ai développé ma mécanique de précision méthodologique. Je commençais chaque projet par les quatre piliers documentaires : Spécifications Fonctionnelles Détaillées, Spécifications Fonctionnelles Techniques, Plan Qualité Projet, Plan Management Projet, puis j'enchaînais avec le system design, diagrammes UML, BPMN, cas d'utilisation, séquences. Je modélisais les bases de données dans tous leurs détails, je prototypais sur Figma, je validais le tout de la phase analyse et conceptuelle avec le Directeur Général, puis je développais, testais, déployais et maintenais. Si ça ressemble à une chaîne de montage, c'est parce que ça en était une, sauf que l'usine c'était moi.

Je travaillais comme un homme de dix ans mon aîné, et cette rigueur n'avait pas été apprise dans un livre : elle était héritée des trois années d'enfermement productif où j'avais appris, seul, qu'aucune discipline ne se construit sans méthode.

En janvier 2026, je suis également devenu Consultant au FabLab de l'UVCI, où j'apportais mon expertise et mes recommandations aux équipes étudiantes sur leurs projets d'innovation.

VIIILe Caire

Octobre 2025. Une enveloppe officielle, une lettre signée de la main de Son Excellence Dr Tidiane Ouattara, Président du Conseil de l'Agence Spatiale Africaine. J'étais invité.

Le Forum Continental GMES & Africa Phase II, deuxième édition, s'est tenu du 1er au 3 décembre 2025 au siège de l'AfSA, au Caire. Le Dr Ouattara m'a invité en reconnaissance de mon ingéniosité et de mon sens de l'innovation au MASS 2025 et j'ai pris l'avion. J'avais vingt-et-un ans, c'était la première fois que je quittais la Côte d'Ivoire et mon passeport était si neuf qu'il sentait encore l'encre.

Trois jours d'affilée au sein de l'Agence Spatiale Africaine, je n'en croyais pas mes yeux. Des dignitaires de tout le continent, des stratégies d'Earth Observation, des feuilles de route panafricaines. J'ai écouté, j'ai pris des notes et j'ai découvert le spatial dans sa profondeur, ce qu'il est vraiment, au-delà des images et des articles. Je suis tombé amoureux de ce domaine, et pour la première fois j'ai eu le sentiment d'avoir trouvé mon véritable chemin, celui qui me donnait une idée de ma destination finale.

Je suis rentré et quelque chose en moi s'était déplacé. Pas l'orgueil, plutôt une responsabilité et une clarté nouvelle : l'idée que le travail à venir n'était plus seulement le mien, il était celui de toute une génération qui demandait à entrer.

Forme géométrique évoquant une pyramide et une orbite

IXBeihang et CubeSat

Janvier 2026. Le Regional Workshop on Satellite Technology, organisé par CRASTE-LF (Maroc) et RCSSTEAP-China, en partenariat avec l'UVCI, Beihang University de Pékin et le Ministère de l'Enseignement Supérieur. Quatre jours intensifs à Abidjan.

J'ai suivi la formation sur les technologies des microsatellites (CubeSat), l'ingénierie des systèmes satellitaires, les structures et mécanismes des engins spatiaux et les systèmes de propulsion spatiale, puis j'ai obtenu le Certificat de fin de formation N. AP/26-0070, délivré le 30 janvier 2026. En quatre jours, j'ai appris plus sur les satellites que la plupart des gens n'en apprendront dans toute une vie. Mon cerveau a failli demander une extension de mémoire.

J'avais désormais une certification co-signée par l'une des grandes universités aérospatiales chinoises et j'ai commencé le Master en Cybersécurité et Internet des Objets à l'UVCI en parallèle. Le profil se densifiait et la vitesse augmentait.

XLa Fondation, le SIADE, le Président

Au début 2026, j'ai rejoint la Fondation Eburnie Space, une organisation panafricaine créée en 2025 à Abidjan, dont la vocation est de promouvoir l'innovation spatiale pour le développement durable de l'Afrique. La Fondation assure la mise en œuvre opérationnelle d'ASPEX 2026, l'Africa Space Expo, le plus grand rendez-vous continental dédié au business spatial africain, une initiative conjointe de l'Union Africaine et du Gouvernement de Côte d'Ivoire. L'événement se tiendra du 24 au 26 septembre 2026 au Parc des Expositions d'Abidjan. Plus de 10 000 participants attendus, 300 stands d'exposition, des centaines de partenariats stratégiques.

C'est M. Jean-Paul Enoh, responsable de la Fondation, qui m'a intégré, et Mme Kocola Paul-Alix, du côté ASPEX, qui a validé. J'avais 22 ans et je venais de rejoindre l'équipe qui orchestrait la première plateforme continentale africaine du réseautage et du développement des affaires spatiales, dans mon propre pays.

En avril 2026, lors du SIADE (Salon International de l'IA, la Défense et de l'Espace), les 13 et 14 avril 2026, j'ai été mandaté par M. Enoh et Mme Kocola pour animer le stand de l'AfSA pour le compte de l'ASPEX 2026. C'était ma deuxième mission. Pendant deux jours, j'ai représenté l'Agence Spatiale Africaine sur le sol ivoirien, à 22 ans. Parfois, je devais me pincer discrètement pour vérifier que ce n'était pas un rêve particulièrement ambitieux.

XILibreville

En février 2026, j'ai reçu une nouvelle invitation officielle. Cette fois, deux lettres se sont succédé : l'une de l'AfSA, signée à nouveau du Dr Tidiane Ouattara, l'autre de l'AGEOS, l'Agence Gabonaise d'Études et d'Observations Spatiales, signée du Directeur Général Aboubakar Mambimba Ndjoungui. Deux lettres d'invitation pour la même personne. Le garçon de Divo qui réparait des voitures jouets recevait maintenant du courrier d'agences spatiales, et l'ironie n'était pas perdue.

Les deux lettres m'invitaient à la NewSpace Africa Conference 2026, du 20 au 23 avril à Libreville. La lettre de l'AGEOS justifiait l'invitation par, et c'est cité tel quel, « votre expertise reconnue et votre engagement remarquable dans le domaine des sciences spatiales et de l'observation de la Terre ».

Cinq cents participants, cinquante-quatre pays africains, décideurs, investisseurs, agences spatiales, secteur privé, partenaires internationaux. Thème de l'édition : Inclusive Growth, Expanding Space Benefits to all Africans. Les frais de participation étaient pris en charge par l'AfSA et j'ai pris l'avion à nouveau.

J'en suis revenu transformé. Pour la deuxième fois en moins de cinq mois, j'avais vu se construire l'écosystème spatial africain sous mes yeux, non pas dans des manuels ni sur YouTube, mais dans la salle même où on en discutait. Mon amour pour le spatial ne faisait que grandir, et je devenais de plus en plus sûr de moi.

L'Afrique spatiale ne se construit pas dans le futur. Elle se construit maintenant.

Formes géométriques évoquant un avion et une conférence

XIIAujourd'hui

À 22 ans, je suis Analyste-Concepteur et Développeur de Systèmes d'Information chez Adinrin Intelligence Systems, Consultant au FabLab de l'UVCI, membre de la Fondation Eburnie Space en route vers ASPEX 2026, CEO et cofondateur d'OCTAL 360, une jeune startup tech que je bâtis avec deux autres associés, et étudiant en Master Cybersécurité et IoT. Si on me demande ce que je fais dans la vie, la réponse prend environ cinq minutes. J'ai arrêté d'essayer de résumer.

Je porte sur moi, sans bruit, deux prix nationaux et continentaux, deux invitations officielles d'agences spatiales, une certification co-signée par Beihang University, une expérience de stage public à la Trésorerie, une mention Bien à la Licence, et trois années de discipline silencieuse qui ont posé des fondations dont peu de gens, autour de moi, mesurent la profondeur.

J'ai aussi, toujours, dans ma tête, une voiture jouet ramassée dans une poubelle à seize ans, et la phrase que je dis à mes élèves : « Le travail est sacré. On peut travailler peu de temps, mais pendant ce temps, on donne tout. »

XIIICe qui reste à écrire

Mon histoire n'est pas celle d'un jeune homme arrivé, c'est celle d'un jeune homme qui commence.

Septembre 2026, Abidjan accueille ASPEX et je serai dans l'équipe. 2027 à 2040, OCTAL 360 grandit, ou échoue, ou se transforme. Les années suivantes verront la maturation, le doctorat peut-être, la structuration d'une voix, la construction d'une équipe autour de moi, les premières missions à l'étranger, le retour, le don, la transmission.

Ce qui me distinguera ne sera pas ce que j'accomplirai, car beaucoup accompliront. Ce qui me distinguera, c'est ma capacité, entretenue, défendue, protégée, à rester l'enfant réservé de Divo qui ramassait une voiture jouet dans une poubelle, alors même que je dialoguerai désormais avec des présidents d'agences spatiales et que je prendrai la parole dans des conférences internationales.

Mon vrai défi ne sera pas de rester humble, car Divo m'a appris ça pour toujours. Mon vrai défi, c'est de faire de la Côte d'Ivoire un acteur incontournable du spatial africain, et de prouver que le continent peut concevoir, construire et opérer ses propres solutions spatiales sans attendre que d'autres le fassent à sa place.

Silhouette contemplant l'horizon sous les étoiles
Ad Astra Per Aspera

Si j'y arrive, mon pays n'aura plus besoin de regarder le ciel en attendant que d'autres lui expliquent ce qu'il y voit. Il le lira lui-même.

« Le travail est sacré. On peut travailler peu de temps, mais pendant ce temps, on donne tout. »

Bernard « Artemix » Gnazou, Cocody, Abidjan · 02 avril 2026